Le projet

Le Prince Albert Ier connaît le manque de moyens dont souffre l’archéologie préhistorique. En 1909, pour la première fois, il envisage la création d’un centre de recherche unique au monde dans sa forme et son objet. Il décide de fonder la première structure permanente offrant aux chercheurs l’intégralité des ressources nécessaires à la production et à la diffusion de leurs travaux :
- des chaires d’enseignement exclusivement dédiées à la préhistoire,
- des moyens financiers pour que les professeurs puissent mener à bien leurs prospections,
- un bâtiment comprenant des laboratoires pour étudier le produit des fouilles et entreposer des collections de comparaison, une salle de conférences et de cours,
- des fonds pour financer l’édition des recherches.

"Son esprit avait été vivement frappé du contraste que présentent, d’une part l’immense intérêt et l’importance philosophique de nos études et, d’autre part, la faiblesse des moyens d’action mis jusqu’alors au service de la Paléontologie humaine, science bien française et pourtant à peu près ignorée des pouvoirs officiels, académiques et universitaires de notre pays "
M. Boule, 1923.


Le premier projet de centre de recherche rédigé par l’abbé H. Breuil.

Le 16 novembre 1910, le Prince Albert Ier écrit au ministre de l’Instruction publique et des beaux-arts son intention d'édifier à Paris "un foyer puissant d’études basées sur des fouilles méthodiques"consacré à l’étude des origines de l’humanité :

"Au cours de ma vie laborieuse, j’ai souvent regretté qu’une place plus grande ne fût pas attribuée dans le mouvement intellectuel de notre époque à l’étude du mystère qui enveloppe les origines de l’Humanité. à mesure que mon esprit s’éclairait par la culture scientifique, je souhaitais plus ardemment de voir s’établir sur une base méthodique les investigations nécessaires pour évoquer les traces fugitives que nos ascendants ont laissées dans le sein de la terre pendant une incalculable succession de siècles."

Dès le 24 novembre, heureux que l’initiative privée se substitue à l’état pour la réalisation d’un tel ouvrage, le ministre lui fait part de l’intérêt que le gouvernement porte à sa démarche :

"Les services éminents déjà rendus à la science, à des titres divers, par Votre altesse sérénissime, que l’Institut de France s’honore de compter parmi ses associés étrangers, sont un gage de succès pour le nouvel établissement".

Le 15 décembre 1910, M. Faure, ministre de l’Instruction publique et des beaux-arts, par délégation du Président de la République A. Fallières, signe le décret qui approuve les statuts de la nouvelle fondation créée par le Prince et la reconnaît d’utilité publique.

 
Repères historiques
1909 - Le Prince Albert Ier charge l’abbé H. Breuil et M. Boule de préparer un projet d’institut de recherche consacré à la préhistoire. Une première ébauche lui est soumise mais il l’estime trop modeste (il ne s’agit que d’un “ comité de fouilles ”). En octobre 1909, il donne son accord à une seconde version, plus ambitieuse, qui donnera naissance à l’Institut de paléontologie humaine.
1910 - La Fondation Institut de paléontologie humaine-Prince Albert Ier de Monaco est reconnue d’utilité publique.
1911 - Première réunion du Conseil d’administration, constitution du Comité de perfectionnement.
1914 - Fin des travaux de construction de l’Institut de paléontologie humaine.
1922 - Inauguration des conférences de l’Institut de paléontologie humaine qui chaque année attirent plusieurs centaines d’auditeurs.

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